
Le contentieux disciplinaire militaire reste marqué par une large marge d’appréciation laissée à l’autorité militaire. Pour autant, cette liberté n’exonère pas l’administration de démontrer la réalité et la gravité des faits reprochés.
Dans un jugement du 3 mars 2026 (n°2500026) et une affaire défendue par MDMH AVOCATS, le tribunal administratif de Nancy a rappelé avec force cette exigence en annulant une décision d’aggravation de sanction infligée à un gendarme.
Dans cette affaire, un adjudant de gendarmerie avait initialement fait l’objet d’une sanction de dix jours d’arrêts assortis d'une dispense d'exécution. Le ministre des armées avait ensuite décidé d’aggraver la sanction à trente jours d’arrêts toujours assortis d'une dispense d'exécution.
L’administration reprochait au militaire deux comportements "au cours d'une soirée festive dans un restaurant alors qu'il était hors service" :
geste qui aurait avoir provoqué une altercation verbale violente dans un restaurant ;
Ces éléments ont été au cœur du contrôle exercé par le juge.
Le tribunal administratif a procédé à une analyse concrète du dossier disciplinaire.
S’agissant de l’altercation verbale, le juge relève que les pièces produites par l’administration ne permettent pas d’en établir la réalité.
Les comptes rendus contemporains des faits n’évoquent pas une telle altercation, et la personne citée comme témoin n’était pas présente lors de la soirée en cause !
Le motif disciplinaire ne pouvait donc être retenu.
Concernant le second grief, le militaire reconnaissait avoir embrassé la serveuse sur la joue (pour lui faire la bise) et passé le bras autour de son cou.
Toutefois, le tribunal estime que les éléments du dossier ne permettent pas de qualifier ce comportement d’inapproprié au point de constituer une faute disciplinaire.
Faute de démontrer la réalité et la gravité des faits reprochés, le tribunal administratif annule la décision ministérielle d’aggravation de la sanction.
Le jugement enjoint en outre à l’administration, comme demandé par MDMH AVOCATS d’effacer la sanction du dossier administratif du militaire.
Cette décision illustre une règle essentielle du droit disciplinaire militaire : l’administration ne peut sanctionner un militaire que sur la base de faits matériellement établis et précisément caractérisés.
Le juge administratif exerce ainsi un contrôle effectif sur la réalité des faits invoqués pour justifier une sanction, garantissant le respect des droits des militaires face au pouvoir disciplinaire de l’administration.
En pratique, de nombreux militaires s’interrogent sur les recours possibles contre une sanction disciplinaire militaire.
Lorsqu’une sanction repose sur des faits inexacts, insuffisamment établis ou mal appréciés, il est possible de contester une sanction disciplinaire militaire devant le tribunal administratif.
Chaque situation doit être analysée au regard des faits reprochés, de la procédure disciplinaire et des garanties prévues par le code de la défense.
MDMH AVOCATS, cabinet dédié au droit des militaires, peut vous accompagner dans l’analyse de votre situation et l’exercice des recours possibles.
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© MDMH – Publié le 13 mars 2026