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Revue annuelle de la condition militaire, édition 2020 : des chiffres, des chiffres et encore des chiffres

Le 11 février 2021 a été publié sur le site du Ministère des armées le second tome du  14ème rapport du Haut Comité d’Evaluation de la Condition Militaire. Partie statistique, cette revue annuelle est riche d’informations relatives à l’année 2019. Focus

Etat des lieux des effectifs : quelques chiffres clés

La revue annuelle précise que fin 2019,  les effectifs militaires du ministère des armées et de la gendarmerie nationale représentaient 300.044 équivalents temps plein travaillé (TEPT) sans atteindre les plafonds d’emplois autorisés.

Comme l’année précédente, la revue précise que cet état de fait est « dû à la tension à laquelle les forces armées sont soumis en matière de recrutement et surtout de fidélisation. »

La répartition des effectifs est de :

38.2 % pour l’armée de terre

32.3 % pour la gendarmerie

13.5 % pour l’armée de l’air

11.5 % pour la marine

Et 4.5 % pour les services de soutien interarmées et les autres formations administratives rattachées.

54.2 % des militaires servent sous contrat, et 67.5 % au ministère des armées.

Au sein de chaque corps, il existe de fortes disparités puisque :

76.2 % des militaires de l’armée de terre sont contractuels,

63.5 % dans la marine,

57.9 % dans l’armée de l’air,

Contre 26.5 % dans la gendarmerie nationale

L’âge moyen est de 32.9 ans dans les armées et de 36.3 ans dans la gendarmerie.

Au ministère des armées, les militaires de carrière ont en moyenne 42.3 ans et les militaires sous contrat 28.5 ans.

L’ancienneté moyenne des services est de 11.8 ans dans les armées et services et de 15.3 ans dans la gendarmerie.

Quant à la féminisation, en 2019, 17.2 % des militaires sont des femmes (+0.7 % par rapport à 2018).

Fin 2019, on comptait également 70.230 réservistes opérationnels sous contrat ESR dont 21 % de femmes. Le nombre moyen de jours d’activité par réserviste est de 30 jours.

La revue précise que selon le baromètre annuel du CEVIPOF, l’opinion publique place « toujours les armées parmi les institutions bénéficiant d’un haut niveau de confiance après les hôpitaux et les PME. »

En revanche, quant au critère de « Mesure du moral », la revue précise que « l’insatisfaction continue à se concentrer sur les problématiques de logement et d’hébergement. La question des rémunérations préoccupe le personnel non officier de l’armée de terre et les militaires techniciens de l’air alors que le thème de la reconversion inquiète les officiers des armées de terre et de l’air ainsi que les officiers mariniers. »

En points forts, il en est de la qualité des relations humaines, de l’adhésion aux valeurs de l’institution et l’exercice de responsabilités qui constituent les principaux motifs de satisfaction.

Focus sur les décès, les blessures physiques et psychiques et les violences en service entre militaires

La revue annuelle précise 27 décès de militaires ont été considérés comme imputables au service, hors maladie et accident de service en 2019.

Entre 2010 et 2019, il y a eu 135 décès survenus en OPEX, dont 18 en 2019.

Sur le territoire national, 7 militaires des armées et 2 gendarmes sont décédés lors d’activités liées au service.

42 militaires ont été blessés en OPEX par armes à feu ou engins explosifs.

98 gendarmes ont été blessés en 2019 dans l’exercice de leurs missions des suites d’une agression par armes à feu, engins explosifs ou engins incendiaires, comme en 2018 alors que l’effectif était de la moitié (47) en 2017.

687 gendarmes ont été blessés en 2019 dans l’exercice de leurs missions à la suite d’une agression du fait d’une arme par destinations (telle véhicule par exemplaire)

La revue annuelle précise que, depuis 10 ans, il est constaté une montée des violences contre les gendarmes. Ainsi toutes causes confondues 2309 gendarmes ont été blessés en 2019.

S’agissant des blessures psychiques et des états de stress post-traumatiques, la revue précise qu’en 2019, le SSA a relevé 231 nouveaux cas de militaires atteints d’un ESPT.

La revue analyse plus loin les cas de violence et indique qu’en 2019, 195 cas de violences sont recensés au sein des forces armées par la procédure « événement grave » contre 172 en 2018. 96 en 2017 et 126 en 2016. Dans 90 % des cas (soit 175 cas) une ou plusieurs victimes présumées sont des femmes. Sur les 244 victimes présumées identifiées en 2019, 222 sont des femmes. Parmi elles, la revue ajoute que 10 sont des officiers, 57 sont des sous-officiers et 155 des militaires du rang ou des volontaires.

Quant à la cellule THEMIS, cellule du ministère des armées créée en 2014 afin de lutter contre toutes les formes de violences sexuelles et sexistes ainsi que contre les discriminations au sein du ministère des armées, elle a été contactée 121 fois en 2019 contre 68 fois en 2018.

84 % des dossiers ouverts concernaient des femmes.

Dans la gendarmerie la cellule STOP DISCRI a été saisie de 146 cas en 2019 dont seulement 7 fois pour des cas de harcèlement et violences faites à des femmes.

 

La revue annuelle reprend bien d’autres données statistiques notamment sur les activités des forces armées, dont le temps de service, la gestion des ressources humaines, ou encore les rémunérations et pensions.

Pour consulter la revue annuelle de la condition militaire, édition 2020 (14ème rapport, tome 2) : cliquer ici

Retrouvez nos articles sur le blog et notamment :

  • LE TOME 2 DU 11ÈME RAPPORT DU HCECM ALARME SUR LES DANGERS PHYSIQUES ET PSYCHOLOGIQUES AUXQUELS FONT FACE LES MILITAIRES en cliquant ici 
  • La fonction militaire dans la société française : le 11ème rapport du HCECM en cliquant ici 

© MDMH – Publié le 12 mars 2021

Crédit photo : Image par Colin Behrens de Pixabay

Maître Elodie MAUMONT