was successfully added to your cart.

Panier

Militaires de retour d’OPEX, syndrome post-traumatique et violences : « Voir du pays » un film à revoir

Les atrocités de la guerre ne laissent pas toujours indemnes et peuvent avoir des conséquences extrêmement préjudiciables dans la vie de ceux qui ont été déployés sur les théâtres d’opération.  Être avocat de militaires, c’est défendre leurs droits et intérêts mais également partager parfois leurs souffrances les plus complexes et intimes et essayer de les comprendre, de les aider et les accompagner.

Acculturation au milieu militaire

Être avocat de militaires, c’est se nourrir de ce qui se dit, s’écrit et se raconte pour s’acculturer, au-delà des textes, du Code de la Défense, des Lois, des instructions et règlements militaires, au milieu militaire et tenter de comprendre le vécu de nos clients.

Nous lisons et entendons les récits de nos clients, de leurs familles, notamment à l’occasion des procédures de pensions militaires d’invalidité ou encore des contentieux relatifs à l’aptitude / l’inaptitude ou encore aux placements en congé de longue durée pour maladie.

Mais en plus des mots et des parcours de vie auxquels personne ne peut être insensible, il est des films, même s’ils sont évidemment romancés et de pure fiction, qui marquent et se révèlent particulièrement proches de ce qui semble être.

Il en est ainsi de Voir du Pays.

Réalisé par Delphine et Muriel COULIN et sorti en 2016 ce drame psychologique raconte le retour d’Afghanistan de deux jeunes militaires françaises de 25 ans à peine.

Stress post traumatique, violences et traumatisme de guerre

Se concernant sur les 3 jours passés à Chypre lors du sas de décompression, ce film décrit, selon la critique parue dans Les Inrockuptibles « une microsociété masculine hyper excluante dans laquelle les deux héroïnes tentent de survivre malgré les humiliations et les violences quotidiennes » et d’une certaine manière la place des femmes au sein de l’armée.

Mais, ce film décrit également les rapports entre soldats tout simplement mais également les conséquences de la guerre sur les soldats : le poids des images, des souvenirs, les traumatismes psychiques, les blessures et les morts.

Ce film laisse entrevoir que certains ne rentrent pas indemnes et auront à souffrir de stress post-traumatique suite aux événements traumatiques vécus.

Concernant, selon UNEO, environ 15 % des militaires français déployés sur les théâtres d’opération, le STRESS POST TRAUMATIQUE (SPT), blessure de guerre dans la nomenclature des pensions militaires d’invalidité, est provoqué par un événement traumatisant d’une extrême violence, à savoir selon le Docteur CARNIO, médecin en chef de l’HIA LEGOUEST : soit la personne assiste à des massacres avec des images de cadavres en grande quantité, soit elle est elle-même soumise à un grand danger, à quelqu’un qui la menace directement et qui peut décider de son sort en quelques secondes. Dans les deux cas, la vie perd son importance, on se rend compte que tout peut s’arrêter du jour au lendemain. »

L’article d’UNEO poursuit en expliquant les conséquences de cette prise de conscience sur le psychisme de l’individu et les difficultés rencontrées lorsque le traumatisme ressurgit.

S’agissant des symptômes devant alerter, l’article évoque des flashbacks de la scène traumatisante durant la journée, des cauchemars récurrents la nuit, le profond mal-être de ne se sentir en sécurité nulle part, l’isolement progressif et la perte de tout intérêt pour les activités habituelles, la dépression, le changement de caractère, les troubles de la concentration, des conduites addictives (alcool, drogue …).

« Voir du pays » permet d’entrevoir les difficultés de ceux qui combattent et servent à évoquer les traumatismes vécus et les violences subies.

Interviewée par Télérama, Delphine COULIN une des sœurs réalisatrices, à la question : « Pourquoi avoir choisi la guerre en Afghanistan comme toile de fond de votre film ? « ‘ Delphine Coulin répondait « C’est une guerre qui a duré plus de dix ans, qui est très récente [de 2001 à 2014, ndlr], et pourtant, tout le monde l’a déjà oubliée. Elle a coûté des centaines de milliers d’euros à la France, des gens en sont revenus traumatisés, d’autres sont morts, et c’était en notre nom à tous. La colère est un bon moteur de création. »

Alors il est peut-être utile même en été de voir ou revoir ce film.

Rappelons enfin qu’un numéro d’appel gratuit 08 08 800 321 Ecoute Défense a été mis en place et qu’il est « accessible à tous ceux qui sont confrontés à la difficulté d’exprimer leur souffrance ou sont témoins de la souffrance d’une personne de leur entourage. »

Sur le même thème et pour approfondir, relire nos précédents articles :

° Militaires souffrant de syndrome post-traumatique (PTSD) ou troubles psychiques post-traumatiques (TPPT) : prise en charge des soins en milieu civil avant la concession d’une PMI : cliquer ici

° LE BLESSE DE GUERRE A TRAVERS LA PREUVE DE L’IMPUTABILITE DU SYNDROME DE STRESS POST-TRAUMATIQUE (PTSD) : cliquer ici

Crédit photo : http://diaphana.fr/film/voir-du-pays/

© MDMH – Publié le 7 août 2020

Maître Elodie MAUMONT