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11 novembre : Commémoration de tous les morts pour la France

Par Maître Hannelore MOUGIN, avocat collaborateur, et Maître Elodie MAUMONT, avocat associé

«Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre!

Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés!»

Légion sont les hommes et les femmes qui se souviennent des derniers alexandrins du Lieutenant Charles PEGUY qui tombait face à l’ennemi au commencement de la bataille de la Marne, le 5 septembre 1914.

C’est ainsi qu’il y a un an déjà, la France commémorait le centenaire du début de la Grande Guerre.

Au cours de l’Histoire, de nombreuses guerres ont ravagé et meurtri la France. Toutefois, la puissance et l’impact de la Première Guerre Mondiale sont tels que celle–ci s’est érigée comme la matrice du XXème siècle et a constitué une rupture brutale dans l’évolution de la société.

Par les violences et la première généralisation de l’expérience corporelle face au combat, la société franchit alors le cap de la brutalité.

Au sortir de cette guerre, les chiffres officiels recensent plus de 1,4 million de soldats morts, 4,3 million de blessés et 1 million d’invalides de guerre.

La Grande Guerre constitue le point final de la construction d’une logique de réparation dédiée aux soldats français.

Dans ce contexte, Georges CLEMENCEAU, déclara lors de son discours d’investiture à la présidence du Conseil prononcé devant la Chambre des Députés :

« Ces Français que nous fûmes contraints de jeter dans la bataille, ils ont des droits sur nous ».

En l’honneur de toutes les victimes, « Poilus » devenus « Gueules Cassées », veuves et orphelins, la Loi du 31 mars 1919 modifiant la législation des pensions des Armées de Terre et de Mer en ce qui concerne les décès survenus, les blessures reçues et les maladies contractées ou aggravées en service consacre un véritable droit à réparation pour les anciens combattants et leurs familles.

Cette Loi traduit la prise en considération, par le droit, du bilan de la Première Guerre mondiale

Ce legs se retrouve aujourd’hui, à l’article 1er du Code des pensions militaires et des victimes de la Guerre qui dispose :

« La République française, reconnaissante envers les anciens combattants et victimes de la guerre qui ont assuré le salut de la patrie, s’incline devant eux et devant leurs familles (…) »

Dans ces circonstances, la journée du 11 novembre fut instituée par la Loi du 24 octobre 1922 « Journée nationale pour la commémoration de la Victoire et de la paix« 

Par ailleurs, une évolution tangible s’est opérée par la Loi n°2012-273 du 28 février 2012 fixant au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France.

Cette loi fait du 11 novembre de chaque année, la journée d’hommage à tous les morts pour la France et non plus la célébration de la fin de la Première Guerre Mondiale.

Cette même loi, signe également le retour du Bleuet en France.

Historiquement, durant la Guerre 14-18, le Bleuet désignait les jeunes recrues françaises qui arrivaient sur le champ de bataille avec des uniformes de couleur bleu horizon, encore épargnés par la boue.

En 1916 d’ailleurs, Alphonse BOURGOIN écrivait Bleuets de France dont l’extrait suivant est particulièrement révélateur :

« Les voici les p’tits « Bleuets »,

les Bleuets couleur des cieux,

ils vont jolis, gais et coquets,

car ils n’ont pas froid aux yeux »

De même, il est avancé que, malgré l’horreur et la violence des tranchées, la fleur des champs qu’est le bleuet a continué à pousser sur les champs de bataille.

La couleur bleue représente également la couleur de la Nation, première couleur du drapeau tricolore.

Depuis, l’appellation est devenue un insigne par l’action de deux infirmières de l’Hôpital Militaire des Invalides, Mesdames Charlotte MALTERRE et Suzanne LEENHARDT.

Toutes deux ont créés à PARIS en 1925 un atelier pour les pensionnaires des Invalides dans lequel ils confectionnaient des fleurs de  Bleuet en tissu pour  reprendre goût à la vie et les aider à subvenir en partie à leurs besoins par la vente de ces fleurs.

A l’instar des pays du Commonwealth qui associent le coquelicot au jour du Souvenir, la tradition du bleuet fait perdurer la mémoire de la Première Guerre Mondiale à travers un vecteur de solidarité nationale.

© MDMH – Publié le 10 novembre 2015

Maître Elodie MAUMONT