Les mots, les mots, les mots … « La parole est à l’avocat » de Olivier Duhamel et Jean Veil – Editions Dalloz

Par 11 août 2017Presse & médias

A lire et à relire pendant l’été…

 

Les mots, les mots, les mots … « La parole est à l’avocat » de Olivier Duhamel et Jean Veil – Editions Dalloz

Par Me Elodie MAUMONT, avocat associé

Article publié le 21 mai 2015

Messieurs Olivier Duhamel, professeur émérite à Sciences Po et Jean Veil, avocat au Barreau de Paris signent « La Parole est à l’avocat » paru aux Editions Dalloz en février 2015 (2ème Edition).

Ce petit ouvrage regroupe les formules, anecdotes et autres bons mots d’avocats.

Parmi tous ces mots, voici une sélection totalement personnelle :

A comme « Affaires » : « Il y a deux types d’affaires, les affaires insolubles et celles qui ont vocation à se régler toutes seules. Il reste à l’avocat cette marge de manœuvre : il est toujours possible de compliquer celles qui ont vocation à se régler toutes seules ». Edgar Faure.

B comme « Balance » : « Cette balance, qui est l’attribut de Thémis, vous n’êtes pas obligé d’en être le fléau » Vincent de Moro-Giafferi à un substitut.

C comme « Client » : « Le client est roi mais l’avocat n’est pas son valet ! » Georges Kiejamn.

E comme « Esprit de répartie » : « Maître Toulouse était réputé pour demander et obtenir des renvois qu’on ne pouvait lui refuser ; sa mission : Gagner du temps. Dans une affaire où il avait déjà obtenu cinq ou six renvois, il demande à sa collaboratrice, plutôt désespérée, de se présenter et d’inventer n’importe quoi, mais d’obtenir ce septième renvoi essentiel. Puis, saisi de remords, il va discrètement vers 17 heures voir ce qui se passe, il regarde par l’œil de bœuf de la porte de la première chambre de la Cour d’appel de Paris. Le Premier Président Vassogne, homme d’une immense courtoisie, l’aperçoit, interrompt immédiatement l’avocat qui plaidait devant lui : « Mais, Maître Toulouse, la Cour vous croyait à Marseille ? » Réponse immédiate de Toulouse : « Mais Monsieur le Premier, je venais précisément le confirmer à la Cour. » ».

H comme « Honoraires » : « Ce qui ne coûte rien ne vaut rien » Proverbe alsacien.

I comme « Impartial » : « L’impartialité de la justice me fait doucement rigoler. Au cours d’un procès à la cour d’assises du Tarn-et-Garonne, je m’accroche avec le président. Celui-ci me dit « Maître, je suis impartial ». Moi : « Je me trouve très beau ». Le magistrat, bien sûr, est tout interloqué. Je lui explique alors, je l’explique surtout aux jurés, que l’impartialité, c’est comme la beauté, il faut laisser aux autres le soin d’en juger. » Eric Dupont-Moretti « Inrockuptibles, 11 avril 2012.

L comme « Lueur obscure » : « Vous acquitterez mon client, messieurs les jurés, même si vous n’avez pas la certitude de son innocence, en vous décidant à la lueur du doute qui obscurcit cette affaire » raconté par Jean-Paul Lacroix in Le palais indiscret Julliard 1965.

P comme « Passions » : « Méditez sur ce mot d’un avocat « Les intérêts transigent toujours, les passions ne transigent jamais« . Alain, Mars ou la guerre jugée, 1921.

V comme « Victimes » : « Quand une seule victime ne peut obtenir justice, chacun doit s’attendre à être le premier à subir ces outrages ». Démosthène, Contre Midias, 355 avant J-C.

« La parole de l’avocat » – février 2015

Editions Dalloz – Collection « A savoir »- 2ème édition augmentée – Olivier Duhamel, Jean Veil