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Solde militaire et titre de perception : comprendre, contester, agir

La solde militaire représente la contrepartie financière du service rendu à l’État. Régie par le Code de la défense, elle constitue une rémunération spécifique, propre au statut militaire, et prend en compte la disponibilité permanente, la mobilité imposée et les sujétions particulières liées à l’exercice des fonctions.
Sa structure, complexe et évolutive, repose sur une combinaison de solde de base, de primes, d’indemnités et d’accessoires, eux-mêmes modulés en fonction de l’affectation, de la situation familiale ou encore du type de mission.
Or, des erreurs de calcul ou modifications administratives tardives*peuvent entraĂ®ner des trop-perçus de solde, parfois plusieurs mois après les faits, fragilisant ainsi le militaire et sa famille.
Face Ă  ces situations, comprendre les règles applicables et connaĂ®tre les voies de recours est essentiel pour faire valoir ses droits.
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Maître Elodie MAUMONT et par la suite son associée Maître Aïda MOUMNI ont soutenu la première association de défense des droits des militaires qui a créé un mouvement de défense des militaires et nous avons ainsi participé à la diffusion de l’information en droit des militaires et leur défense.

Parmi les problématiques récurrentes rencontrées par les militaires et les gendarmes, l’accident de service, la maladie contractée en service et les conséquences en termes de congé maladie et sur leur carrière est prégnante.

Le code de la défense prévoit ces différents cas et leurs conséquences.
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Évaluation de votre situation

Audit de vos droits et garanties, détermination des actions à mener, information préalable du budget d'honoraires à prévoir

Assistance et représentation en justice

Si nécessaire, saisine de la Commission de Recours de l’Invalidité (CRI), de la Commission des recours des militaires (CRM), et du tribunal administratif ou correctionnel (RAPO, constitution de partie civile, recours pensions, infections nosocomiales, responsabilité de l’Etat, faute de service …)

Accompagnement personnalisé

Conseils et suivi des demandes et démarches, accompagnement (courriers, lettres, négociation / contre-proposition Brugnot, assurance, conseil régional de santé, conseil supérieur de santé …)
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Comprendre la solde militaire

Régie par le Code de la défense, la solde militaire rémunère la disponibilité, la mobilité et les sujétions inhérentes à l’état militaire. Elle n’est pas seulement un salaire : elle traduit la reconnaissance du service, l’indemnisation des contraintes, et le soutien à la mobilité géographique.

La solde de base

Elle est déterminée en fonction du grade, de l’échelon indiciaire et de l’ancienneté du militaire. Elle constitue le socle de la rémunération.

Les primes et indemnités

Elles complètent la solde de base et varient selon les fonctions exercées, la localisation de l’affectation ou la situation personnelle du militaire. Parmi les principales :
  • IndemnitĂ© d’État militaire (IEM) : reconnaĂ®t la disponibilitĂ© permanente et les contraintes du service ;
  • IndemnitĂ© de garnison (IGAR) : compense les charges liĂ©es au logement et Ă  l’affectation imposĂ©e ;
  • IndemnitĂ© de mobilitĂ© gĂ©ographique des militaires (IMGM) : accompagne les changements de rĂ©sidence pour raisons de service ;
  • Prime de parcours professionnel (3PM) : valorise les qualifications acquises au cours de la carrière ;
  • Prime de compĂ©tences spĂ©cifiques (PCS) : attribuĂ©e pour des fonctions techniques ou particulières (forces spĂ©ciales, parachutistes, montagnards, etc.) ;
  • IndemnitĂ© de sujĂ©tion spĂ©ciale (ISS) : en compensation des astreintes et contraintes spĂ©cifiques ;
  • IndemnitĂ© de rĂ©sidence : modulĂ©e selon la zone gĂ©ographique ;
  • IndemnitĂ©s de service en campagne et en OPEX ;
  • Primes de qualification, de rendement, de service aĂ©rien, de plongĂ©e, etc.

Les indemnités liées à la mobilité et à la mutation

Fréquemment à l’origine de litiges :
  • IndemnitĂ© pour frais de changement de rĂ©sidence (IFCR) ;
  • IndemnitĂ© d’installation : en cas de première affectation ou de changement de garnison ;
  • IndemnitĂ© d’éloignement : notamment pour les affectations outre-mer ;
  • IndemnitĂ© de voyage et de transport de bagages.
Ces indemnités, calculées selon des critères multiples (distance, situation familiale, durée), peuvent être revues ou rectifiées plusieurs années après leur versement, entraînant des régularisations importantes.

Les accessoires de solde

Ils incluent notamment :

• les allocations familiales et complĂ©ments pour enfants ;
• les indemnitĂ©s ou avantages en nature liĂ©s Ă  la nourriture et au logement ;
• les indemnitĂ©s de dĂ©placement et frais temporaires.

Le militaire peut être privé de ses droits financiers lorsque l’administration estime à tort qu’il ne remplit pas les conditions pour la percevoir ou encore qu’elle tarde excessivement à mettre en paiement les sommes dues.

Dans les deux cas, des solutions existent en vue de recouvrer les montants dus en passant par une réclamation auprès du service concerné, la saisine de la commission des recours des militaires voire une contestation devant le tribunal administratif et en cas d’absence de contestation séreuse, d’initier une procédure de référé provision qui sera jugée plus rapidement.

Trop-perçus de solde et erreurs administratives fréquentes

Des erreurs de saisie ou une appréciation erronée des droits peuvent engendrer des **demandes de restitution** pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros. Les cas les plus courants sont :

• Le versement d’une indemnitĂ© d’éloignement ou d’installation sans respect de la durĂ©e minimale de sĂ©jour ;
• Le cumul d’indemnitĂ©s incompatibles (ex. : ISS et ICM) ;
• Le retard de prise en compte d’une mutation, d’une radiation ou d’un congé longue durée ;
• Le maintien de versement d’une prime outre-mer après retour en mĂ©tropole ;
• La rĂ©vision rĂ©troactive d’un indice ou d’un taux de solde.

Titre de perception : cadre juridique et prescription

Avant toute mesure de récupération (retenue sur solde ou émission d’un titre de perception), l’administration doit notifier une décision formalisée précisant :

• la période concernée ;
• le montant du trop-perçu ;
• les motifs de la rĂ©gularisation ;
• ainsi que les voies et délais de recours.

Ă€ noter : la prescription applicable est de 2 ans (prescription biennale), conformĂ©ment au droit des rĂ©munĂ©rations des agents publics.

Toute procĂ©dure engagĂ©e hors dĂ©lai ou sans notification prĂ©alable est irrĂ©gulière et peut ĂŞtre contestĂ©e devant le juge administratif. De mĂŞme, le montant rĂ©clamĂ© peut ĂŞtre contestĂ© si les montants n’ont pas Ă©tĂ© correctement calculĂ©s ou non justifiĂ©s.

Quels recours face à un trop-perçu ?

Le type de recours dépend de la situation du militaire et du mode de régularisation choisi par l’administration.

Retenue sur solde (militaire en activité)

Lorsque l’administration procède à une retenue directe sur la solde, le militaire concerné doit former un recours devant la Commission des recours des militaires (CRM).

  • Cette commission est compĂ©tente pour toutes les dĂ©cisions individuelles dĂ©favorables.
  • Le militaire dispose d’un dĂ©lai de quatre mois pour saisir la CRM Ă  compter de la notification de la dĂ©cision.
  • En cas de silence du ministre (passĂ© ce dĂ©lai) ou de rĂ©ponse dĂ©favorable, il dispose ensuite de deux mois pour engager un recours contentieux devant le tribunal administratif.

Émission d’un titre de perception (militaire ou ancien militaire)

Lorsque l’administration émet un titre de perception, la procédure diffère :

  • Le militaire (ou ancien militaire) doit adresser son recours Ă  la DDFIP (Direction DĂ©partementale des Finances Publiques) qui a Ă©mis le titre.
  • Cette dernière est alors tenue de transmettre le recours au ministre des ArmĂ©es.
  • Le ministère dispose d’un dĂ©lai de six mois pour statuer sur le recours.
  • Ă€ dĂ©faut de rĂ©ponse dans ce dĂ©lai ou en cas de dĂ©cision nĂ©gative, le militaire dispose de deux mois pour saisir le tribunal administratif compĂ©tent.

Recours contentieux devant le tribunal administratif

En cas d’échec du recours administratif (CRM ou DDFIP), un recours contentieux peut être introduit pour demander :

  • L’annulation du titre de perception ou de la dĂ©cision ministĂ©rielle ;
  • La dĂ©charge des sommes rĂ©clamĂ©es.

Le tribunal administratif exerce un contrĂ´le complet sur :

  • La lĂ©galitĂ© de la procĂ©dure (notification prĂ©alable, respect des dĂ©lais, etc.) ;
  • La motivation de la dĂ©cision administrative ;
  • La rĂ©alitĂ© et le calcul du trop-perçu ;
  • Le respect de la prescription biennale.

À noter : de nombreuses décisions de jurisprudence ont récemment annulé des titres de perception émis hors délai, sans base légale ou sans notification régulière.

Demande de décharge au titre de la faute de l’administration

Lorsque la dette est reconnue mais que l’administration a contribuĂ© Ă  l’erreur ou laissĂ© perdurer la situation fautive (absence de contrĂ´le, information erronĂ©e, retard de traitement…), le militaire peut demander une remise gracieuse ou une dĂ©charge partielle ou totale de la crĂ©ance.

Ce type de demande peut être examiné :

• dans le cadre du recours administratif ;
• ou en complément d’un recours contentieux.

Litiges liés à la prime de lien au service (PLS) ou à un lien au service pour formation spécialisée

Certaines procĂ©dures de recouvrement concernent non pas des erreurs de solde, mais des dĂ©saccords relatifs au lien au service après une formation spĂ©cialisĂ©e financĂ©e par l’État (ex. : Ă©cole d’officiers, stages longs, brevets...).

L’administration peut réclamer le remboursement d’une part des sommes versées, si elle considère que l’engagement n’a pas été honoré.

Or, des contestations sont possibles concernant :

• la réalité ou la durée de la formation ;
• le caractère volontaire de la rupture du lien ;
• le montant effectivement dû.

Les modalités de recours sont similaires à celles évoquées pour les trop-perçus.

Assurances de prévoyance (AGPM, Allianz, etc.)

Outre les dispositifs légaux, de nombreux militaires souscrivent à des assurances de prévoyance pour se couvrir en cas d’aléas de santé liés à leur engagement.

• Objectifs : compléter la perte de revenu, sécuriser les proches, ou percevoir un capital en cas de déficit fonctionnel permanent.
• Précautions:
    • Lire attentivement les conditions gĂ©nĂ©rales ;
    • VĂ©rifier les exclusions et les affections rĂ©ellement couvertes ;
    • S’assurer que le contrat est adaptĂ© aux spĂ©cificitĂ©s du mĂ©tier exercĂ©.
L’accompagnement MDMH Avocats
Depuis plus de 15 ans, le cabinet MDMH Avocats accompagne les militaires confrontĂ©s Ă  :

• des erreurs de solde ou des rĂ©gularisations abusives ;
• des titres de perception irréguliers;
• des recouvrements liés à la prime de lien au service.

Nous intervenons à toutes les étapes :

• Audit complet des bulletins de solde, titres ou dĂ©cisions administratives ;
• RĂ©daction des recours administratifs et contentieux ;
• ReprĂ©sentation devant les juridictions administratives ;
• Engagement de procédures en référé provision, pour un traitement plus rapide.


Vous êtes confronté à un trop-perçu ?

Contactez MDMH Avocats pour une analyse personnalisée de votre situation.

Nous vous accompagnons pour faire valoir vos droits face Ă  l’administration et Ă©viter des consĂ©quences financières injustifiĂ©es.
Vous pouvez nous contacter soit à notre cabinet MDMH AVOCATS, 87 boulevard Sébastopol – 75002 PARIS , soit en remplissant le formulaire ci-contre.
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